2. LA FONTAINE ST LÉGER

 

Nous sommes au pied de la Côte Prend, pente de la colline orientée au nord, parallèle à la Grande Rue depuis la Rue de la Montagne jusqu’à la Route de Neuilly. Nous sommes au bord de la vallée de l’Yonne, ici vaste zone marécageuse (le tracé du lit de la rivière ayant varié au cours des siècles passés) plantée de peupliers. Le ru qui s’en écoule en direction du nord passe sous la route nationale, le long de l’ancienne ferme de la Colombine, sous la voie ferrée, et se jette dans l’Yonne à l’est de l’ancienne écluse du Vieux Pêchoir.

 La fontaine coule depuis des temps très anciens. D’après l’abbé Merlange, qui fut curé de Champlay et archéologue, cette zone a certainement été occupée à l’époque gallo-romaine. La campagne de christianisation qui s’est faite au cours des Vème et VIème siècles a substitué un nom chrétien sur le site d’un culte païen.

Le ru de la Fontaine St Léger marquait la frontière entre les Seigneuries de Champlay et de Longueron jusqu’en 1782, après l’unification en une seule commune.

 La Fontaine St Léger servit surtout de lavoir, bien avant d’être captée par la municipalité, en 1883, puis aménagée pour agrandir le lavoir en 1899. On remarque tout autour les rambardes qui servaient aux femmes à « écarter » le linge pour le faire sécher. 

    Le chemin qui longe le ru était nommé « chemin des écoliers » car c’était le trajet qu’empruntaient les enfants habitant les 2 maisons d’écluse du Vieux Pêchoir et ceux de La Colombine pour venir à l’école à Champlay.
 
 

Le registre d’état civil de la commune de Champlay indique, à la date du 20 mars 1915, le décès, à la Fontaine St Léger, vers 21 heures, d’un nommé Granjou François, Joseph, né à St Jean-de-Blaignac (Gironde), le 15 avril 1870, carrier de son état. En 1915, il était affecté au régiment de « territorial GVC », c'est-à-dire vraisemblablement affecté à la garde des voies et cantonné à Champlay. Le chemin qui longe le ru est le trajet le plus direct pour regagner le village.

Que lui est-il arrivé ? Un malaise, un accident ? Ses 2 fils étaient soldats sur le front : venait-il d’apprendre une mauvaise nouvelle ? 

SAINT LEGER :

Evêque d’Autun, né en 616. En 675, pour épargner Autun assiégé, il se livra ; selon la légende, on lui creva les yeux et on l’enferma; il fut finalement assassiné en 678. On le fête le 2 octobre.